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 Cléry

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Christian CALET
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Date d'inscription : 20/11/2008

MessageSujet: Cléry   Ven 26 Déc 2008 - 18:08

Le Bataillon quitte Campeaux le 11 septembre et vient en réserve de division dans les tranchées aux abords de Feuillères ; il va travailler toutes les nuits vers les lignes sous les obus très nombreux.
Le colonel BRISSAUD-DESMAILLET va prendre le commandement de la 12ème Division ; le 30ème sert sous ses ordres depuis deux ans, il garde une très grande affection au chef qui a si bien su créer le bel esprit de la 3ème brigade des Chasseurs.

Le colonel DE REYNIES remplace le colonel BRISSAUD-DESMAILLET



Cléry, fin septembre 1916


Le 21 septembre, le 30 va relever les débris de deux régiments en avant de Cléry. La 47ème division doit attaquer et prendre successivement :

- objectif n°1 : tranchée 682-681 (sud-est tranchée de Darfour) crête 77-lisière est bois des Berlingots
- objectif n° 2 : rive sud de la Tortille depuis la tranchée de Pruth jusqu’aux abords du Mont St Quentin au sud de Feuillaucourt.
- objectif n°3 : Mont St Quentin


Mont St Quentin


Le 30ème Bataillon est à l’ouest de la tranchée de Nisch, là où les tranchées françaises et allemandes son enchevêtrées. Le Mont St Quentin est en face. De cette position, l’ennemi voit tous nos mouvements. Il a garni les pentes de nombreuses mitrailleuses.
Les obus lacrymogènes obligent à garder le masque pendant une grande partie du trajet ; des voitures brisées, les maisons écroulées de Cléry barrent la route ; des cadavres déchiquetés d'hommes, de chevaux, de mulets gisent de toutes parts.
Sur la ligne, les obus ont fait disparaître des tranchées entières ; les entonnoirs se touchent, on les relie pour amorcer les parallèles de départ.

Après quatre jours sous un bombardement ininterrompu, le Bataillon attaque le 25, à 12 h 35 : compagnie GRAGLIA en avant et à gauche, compagnie DESPUJOLS au centre, compagnie REYNAUD en arrière et à droite ; compagnies MARTEAU et MAGNE (2ème) en soutien. Attention, reprendre H90
L'attaque se heurte à des fils de fer intacts où de violents barrages de pétards l'arrêtent ; des mitrailleuses en flanquement se révèlent à quelques dizaines de mètres.
Le sous-lieutenant CRAMPE, blessé, se bat au revolver ; le lieutenant CONSTANS répond à un camarade qui lui montre le parapet balayé par les balles : "On s'en f..., c'est pour la France." Il bondit, une première balle le blesse, une deuxième le tue.
Le caporal DAMPNE, déjà médaillé militaire, s'est échappé du C. I. D. pour aller à l'attaque, il est très grièvement blessé.
Cependant la première vague de la compagnie GRAGLIA et les débris de la deuxième vague ont pu entrer dans la tranchée de PRUTH, au bord de la Tortille, et y faire quelques prisonniers. Isolés, contre-attaqués par les deux bouts, ces vaillants soutiennent toute l'après-midi une lutte acharnée avec les cartouches et les pétards ennemis.
A la nuit, ils sont presque tous tués ou blessés ; le Chasseur BONNAT, tué, le sergent PREVOT, blessé, le caporal DECKER, ont montré un superbe courage.
A la tombée de la nuit, les quelques survivants tiennent les tranchées de Nisch et du Vadar jusqu’à la route Cléry-Péronne.
Le lieutenant CONSTANS (2ème) , le sous lieutenant CRAMPE (4ème) , le sergent PREVOT, les caporaux DECKER et DAMPNE ont montré un superbe courage.

Deux jours après, ordre d'enlever le quadrilatère tranchée de la Haie, tranchée du VARDAR, tranchée de Nisch Sud, tranchée du Tortillard : le 30ème seul attaque.
La préparation de notre artillerie fait déclencher une contre-préparation exceptionnellement dure ; les avions signalent des mouvements ennemis vers nous, le Bataillon reçoit l'ordre de ne pas sortir et de se tenir prêt à repousser une attaque.
Pendant quatre heures, obus français sur les Allemands et obus allemands sur les Français font un vacarme effrayant ; nous en souffrons. A 18 h 45, la nuit vient, le bombardement ralentit ; tout le monde croit la journée finie.
A 19 h 05, le quadrilatère est pris ; il a suffi que le commandant dise : "Tant d'obus ne peuvent avoir été tirés pour rien, il faut vérifier les effets du bombardement".
La compagnie MAGNE et le peloton THOMAS ont bondi.
Le capitaine MAGNE, toujours heureux, est dans la tranchée du Vardar avant que l'ennemi ne soupçonne l'attaque ; tout le Tortillard est bientôt à lui,
L'adjudant JACOB a pour objectif la trop fameuse mitrailleuse de l'Arbre cassé ; l'attaque est compromise si cette mitrailleuse n'est pas enlevée ; il fonce droit sur elle : cinq balles le blessent, mais la mitrailleuse est prise.
Le sergent PACQUERET, l'insaisissable au rugby, est en soutien et ne doit pas bouger ; il s'esquive avec un sac à terre plein de grenades, se glisse sans autre arme dans une vague d'assaut et entre un des premiers dans la tranchée de la Haie.
Le sergent MARTIN voit son chef de section tomber, il s'écrie : "En avant les gars, nous les tenons".
Le sous-lieutenant mitrailleur DUPAY soupçonne une mitrailleuse gênante,
Il se montre, la mitrailleuse a la sottise de tirer sur lui ; une de nos pièces l'empêche de tirer une cartouche quand nos vagues sortent.
Ce court combat nous vaut 70 prisonniers, 6 mitrailleuses, 1 lance-bombes, 2 lance-flammes.
Le 30, la compagnie GRAGLIA s'empare du Fortin de Nul s'y frotte, ruines du temps de Louis XI, sur les bords boueux de la Somme.
On devait y trouver un souterrain inconnu de l'ennemi, se divisant en deux branches à l'entrée de Péronne ; l'une voyait le jour quelque part dans la cathédrale, un vieux chanoine l'avait assuré ; l'autre aboutissait dans la cour d'un boulanger, sous un tas de fagots.
Ce n'était qu'une légende ; toutes les recherches pour retrouver l'entrée du souterrain furent vaines et nos rêves d'aller jeter un beau désordre dans les arrières ne purent se réaliser.
L'ennemi nous témoigne naturellement son dépit par des bombardements d'importance ; mais on s'enterre vite dans la craie de la Somme ; nos mulets, des barques, nous apportent les cadres de sape presque à pied d'oeuvre, nous narguons bientôt 77 et 105.
Et pour payer l'ennemi de ses grenades à fusil du Reichacker, nous lui envoyons chaque jour exactement 1 000 V. B.
Le 22 octobre, avant le jour, le caporal FLEURY, à plat ventre en avant de la tranchée où quelques fusiliers-mitrailleurs aménagent des emplacements pour leur arme, évente un groupe ennemi qui approche ; on attend en silence, grenade au poing ; Les cadavres de 2 officiers et 12 soldats du 142ème d'infanterie restent devant notre parapet ; pas un blessé chez nous.
La relève est faite le 26 octobre ; le Bataillon s'en va prendre un repos bien gagné dans les Vosges, à Destord.

histo 90 page 67


La Somme lui a coûté cher ; 1 100 tués et blessés ; mais il y a goûté la joie de la victoire ; une deuxième citation à l'ordre de l'armée le récompensera, et la fourragère aux couleurs de la croix de guerre sera la marque visible de sa valeur.
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