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 Ligne Hindenburg

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Christian CALET
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MessageSujet: Ligne Hindenburg   Mer 7 Jan 2009 - 21:02

LIGNE HINDENBURG

Embarqué en chemin de fer à Conti le 27 septembre, le Bataillon débarque à Nesles et va bivouaquer aux misérables ruines d'Y, en plein dans la zone que les Allemands ont si sauvagement dévastée l'an dernier.
Il arrive le 29 au bois d'Holnon d'où apparaît Saint-Quentin, ville martyre, aux mains de l'ennemi pour quelques jours encore.
Le 30, il glisse le long des premières lignes anglaises par une noire nuit de pluie et arrive devant les ruines du Tronquoy ; les Anglais ont forcé le passage du canal du Nord au tunnel, on va intervenir par le trou qu'ils ont fait.
Larges réseaux de fils de fer en dents de scie, souvent triplés, battus par des mitrailleuses sous blockhaus en béton ; tranchées profondes et nombreuses, sol saturé d'ypérite ; la besogne sera dure.
Le 2 octobre, le Bataillon attaque au petit jour ; il dépasse quelques sentinelles écossaises qui battent la semelle dans leurs trous, sac au dos, la pipe aux dents, et qui ont l'air assez étonnées de nous voir passer.
La compagnie DEMERON est en tête. Elle enlève le bois du Chacal, le bois du Poney, trois 77 ; elle est arrêtée à la route de Levergies à Lesdins par les violents feux de mitrailleuses venant du Cuistot, à 700 ou 800 mètres plus loin.
On réussit à enlever le boqueteau de la Mule, en avant et à gauche ; les mitrailleuses du sous-lieutenant HYVRARD y sont envoyées, elles arrosent dur le bois du Cuistot,
Dans le ravin à droite, qui aboutit au bois du Cuistot, la fumée des obus à gaz colle au sol et couvre le fond d'un brouillard opaque.

carte histo Hembert ?

Masque sur la figure, section du lieutenant MAREY en tête, la compagnie DEMERON est glissée dans les gaz ; elle aborde le bois, l'ennemi surpris cède ; le bois est à nous avec le quatrième canon arrêté dans sa fuite, le courrier destiné à la batterie encore dans le sac du vaguemestre.
La compagnie WARTELL (2ème) vient aussitôt à gauche remplacer dans la tranchée de l'Ecume, les Allemands qui ont suivi la fuite de leurs camarades du Cuistot
A droite, une patrouille de combat réussit à prendre pied dans la tranchée du Fracas ; elle s'élargit à la grenade, on la renforce, les ennemis sont refoulés sur le Bataillon voisin, toute la tranchée est aussitôt prise.
Puis il faut encaisser le bombardement d'usage, très violent ; il arrête la progression des Anglais qui ont attaqué après nous à notre gauche et sont arrivés à notre hauteur.
Vers 11 heures, une contre-attaque très puissante se déclenche ; nous voyons les vagues d'assaut ennemies sur plus de 3 kilomètres jusqu'au delà de Séquehart.
Nos compagnies ont des pertes sérieuses, mais tiennent bien et couchent un grand nombre d'Allemands ; les Anglais cèdent.
Le bombardement reprend de plus belle ; puis les vagues ennemies essaient encore en vain de nous aborder.
Le lieutenant MAREY, une grave blessure au ventre, n'a pas voulu se laisser emporter, ses Chasseurs ne l'abandonneront pas ; le Chasseur BUFFY se porte au-devant de la contre-attaque, la fusille à genoux jusqu'à ce qu'il tombe ; le fusilier-mitrailleur WARME fait des ravages dans les rangs ennemis jusqu'à ce qu'une blessure l'arrête.

Mais à notre gauche, nous voyons l'ennemi entrer au Charbon-Vert, à Séquehart ; nos voisins anglais disparaissent, nous découvrent à l'excès ; la compagnie MAGE, du 52ème, arrive heureusement à point pour boucher une partie du trou qui s'est produit.

carte ligne Hindenburg (histo 90)

Nous avons eu un peu de distance, pendant toute l'après-midi, un poste que nous avons cru anglais, sur lequel nous n'avons pas tiré ; un officier anglais, venu chercher la liaison à la nuit, nous apprend qu'il n'y a pas un Anglais par-là. Ce sont des Boches avec des casques anglais.
Le Bataillon est relevé pendant la nuit et vient en réserve aux abords du tunnel.
Le 5, la nuit venue, il a relevé le 115ème sur la crête nue au Sud du bois de l'Autriche, vers le chemin de Lesdins à Chardon-vert, le Chasseur MASSON va tout de suite tuer une sentinelle pour savoir où est l'ennemi.
Attaque le 6, à 14 heures 2ème à droite, 3ème à gauche.
La 3ème progresse, fait quelques prisonniers, est arrêtée devant la ferme Bellecour par un très fort blockhaus qu'elle ne peut réduire.
La 2ème doit descendre le long glacis nu qui la sépare de son premier objectif, la tranchée des Grenouilles, protégée par de bons fils de fer; nos mitrailleurs


Mitrailleuse Hotchkiss Mle 1914 d’un groupe de Chasseurs à Pied ; Devant le servant de droite, on peut voir la caisse à munitions contenant les bandes métalliques de 24 ou 30 cartouches de 8 mm. ou ?.....


contrebattent les mitrailleuses ennemies avec un admirable dévouement le caporal MATRON tire sans arrêt dans la poussière que les baIles ennemies soulèvent autour de lui ; le chargeur DELAIRE remplace son tireur tué ; le chargeur ROUSSY remplace son tireur blessé,
La 2ème aborde ainsi la tranchée des Grenouilles avec peu de pertes, y entre par le bout Nord, s'y élargit à la grenade ; la tranchée est bien garnie, le combat est rude ; le sergent PREBOST, bientôt blessé, l'aspirant NICOLAS, le meilleur grenadier du Bataillon, dont toutes les grenades vont à 60 mètres, mènent le combat.
Les grenades manquent, l'ennemi se ressaisit et est difficilement contenu ; le fusilier-mitrailleur GIRARDIN l'arrête un instant en s'installant à découvert sur le parapet, une balle le tue.
Enfin les pionniers arrivent portant les caisses de grenades sous les balles qui en tuent quelques-uns dont le brave petit LOUARN ; le combat est repris, plus de cent Allemands refoulés sur le Bataillon voisin se rendent.
Encore un passage difficile, le couloir où la tranchée des Grenouilles rejoint la tranchée des Grognards ; une mitrailleuse invisible en interdit l'accès ; dès qu'on peut la situer, le caporal mitrailleur ALON s'occupe d'elle, on prend pied dans la tranchée des Grognards et on enlève à la grenade les 600 mètres qui sont l'objectif du Bataillon.
La 3ème a continué à progresser lentement ; le caporal COCAT, arrêté par une mitrailleuse, a pris le fusil-mitrailleur d'un blessé, fait plusieurs bonds sous les rafales, contrebattu la pièce qui est prise ; le sergent LE FORESTIER, arrêté par une mitrailleuse, a tué le mitrailleur et pris la pièce; le Chasseur DUMAS, dont la section est arrêtée par un groupe, a pu l'approcher de très près, il tue un Allemand, le reste s'enfuit.
Le blockhaus a été débordé ; l'ennemi l'évacue pendant la nuit ; on n'y trouve que des cadavres tous frappés de balles à la tête ; c'est le travail de nos mitrailleurs.
Des prisonniers nous assurent que l'Allemagne demande un armistice.
Le 7, le Bataillon ne doit pas attaquer ; on cherche à s'élargir dans la tranchée des Grognards ; l'aspirant NICOLAS avance à pas de loup, grenade d'une main, pistolet de l'autre, il cherche le premier guetteur ennemi ; il le trouve bientôt derrière un pare-éclats, et l'annonce ainsi au commandant qui le suit ; "II lit son journal."
Le lecteur est cueilli tout ahuri ; NICOLAS recommence ses prouesses de grenadier ; la tranchée des Grognards est nettoyée, et on passe la partie qui vient d'être prise aux voisins qui l'avaient comme objectif.
Le 8, attaque à 6 heures, 1ère à gauche, 3ème à droite, 2ème en soutien.
En avant et à gauche un très fort blockhaus qui n'est pas dans la zone du Bataillon ; mais la 1ère (lieutenant DEMERON) sait qu'elle sera exposée à de très graves dangers si le blockhaus tient ; elle sait aussi que les voisins de gauche qui viennent de perdre leur chef ne sortiront probablement pas.
Nous n'avons pas encore vu d'ouvrage aussi fort. Placé au sommet du mouvement du terrain, complètement enterré, parfaitement caché, un toit de béton de deux mètres ; cinq profonds boyaux camouflés avec un grillage supportant des herbes rayonnent en face des cinq créneaux qui permettent aux observateurs de tout voir, aux mitrailleuses de tout battre.
Le 9 octobre, le bataillon va au repos à Gricourt.

gricourt

Le général DEBENEY commandant la 1ère armée lui remet peu après la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

debeney

Les derniers combats lui valent également une citation à l’ordre de l’Armée.


















LA P
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