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 Points de friction Linge-Schratzmannele-barenkopf-reichackerkopf

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Christian CALET
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MessageSujet: Points de friction Linge-Schratzmannele-barenkopf-reichackerkopf   Ven 9 Jan 2009 - 22:43

LINGE – SCHRATZMANNELE
BARENKOFF –REICHACKERKOPF




En septembre 1915, les lignes sont à peu près définitivement fixées sur le front des Vosges, de France et d'Alsace ; les larges et multiples réseaux savamment enchevêtrés mettent les occupants à l'abri d'une surprise ; le bois abondant a permis la construction de solides, confortables, et parfois coquettes "cagnas" ; grâce à l'épaisse forêt qui masque les vues les déplacements aux abords des lignes n'ont rien du pénible cheminement dans les boyaux boueux ; ce sont souvent de délicieuses promenades à travers des sites ravissants.

Quelques points importants ignorent cette existence agréable ; observatoires le plus souvent sur de hauts pitons ; des combats acharnés y ont été livrés, ils ont été pris et perdus plusieurs fois ; ils appartiennent finalement aux deux partis, dont les tranchées sont à quelques pas.

Les plus ardentes troupes les tiennent, y livrent bataille sans trêve ; au coup de fusil, la grenade riposte, la bombe appuie la grenade, l'obus contrebat la bombe, et c'est le grand vacarme ; chacun sait que les projectiles des deux artilleries sont réservés à ces lieux privilégiés.

La belle forêt a disparu ; quelques troncs déchiquetés, où le souffle des bombes a accroché de lamentables débris, sacs à terre, lambeaux de vêtements, et même chevaux de frise ; la terre bouleversée, dépouillée de son dernier brin d'herbe, poussière ou boue suivant le temps, y a pris la belle teinte rosée du grès mis à nu.

Ce sont les "points de friction".



Le 30ème Bataillon aura l'honneur de ne pas être en ligne ailleurs.



Le 4 septembre, par le Rudlin,





le Louchpach, le lac Blanc, noms familiers à tous ; par 917 où l'on dit en passant un amical bonjour à la célèbre batterie vingt fois bouleversée par les 150 et les 210, toujours bruyante, le Bataillon va passer quelques heures au lac Noir.

Le 5 septembre, le bataillon après quelques heures d’arrêt au Lac Noir, monte en ligne au Linge. Il tient la crête du versant ouest du Linge et l’arête nord du Schratz.

Les six compagnies sont en ligne, chacune avec une section en soutien à une centaine de mètres en arrière ; le meilleur abri de la ligne est à l'épreuvede la fusée éclairante.

La distance de l'ennemi varie de 20 à 80 mètres. Il nous surplombe en maints endroits et il en tire un gros avantage pour la lutte de pétards.

Mais nous avons pas mal d'engins, beaucoup nouveaux ; pas très parfaits, fort appréciés faute de mieux ; les grenades Feuillette, trop parcimonieusement distribuées ; les mortiers Aazen, qui tuent parfois leurs servants imprudents ; les robustes fusils Guidetti ;













































les mortiers Cellerier, dont le canon est fait d'un corps d'obus fusant de 77 ; on les aligne en série ; un fil imbibé de pétrole relie toutes les mèches et l'on a de bruyantes salves ; les sauterelles, arbalètes qui lancent les grenades assez loin ; enfin le 58, servi par des Chasseurs du Bataillon,



Les travaux nécessaires sont considérables, très difficiles en première ligne, où les travailleurs sont souvent blessés par les grenades ; ils sont poussés hâtivement.

Le 9 septembre, de 10 heures à midi, la droite du Bataillon est très violemment bombardée par mines, un poste d'écoute est détruit, les tranchées sont bouleversées en maints endroits.

Le calme renaît, on commence à réparer les dégâts. A 17 h 30, une pluie de grenades s'abat subitement sur tout le front du Bataillon ;







































à droite, toute la tranchée de la compagnie CONTAMIN reçoit des liquides enflammés, elle est évacuée.

Les deux sections de gauche réussissent aussitôt à reprendre leur place ; mais à la section de droite, les sacs à terre du parapet et du parados, s*enflamment, les Chasseurs sont surpris dans cette ruelle de feu ; un dépôt de fusées éclairantes s'allume, achève de jeter le désarroi ; plus de la moitié de la section est instantanément hors de combat.

Les survivants conduits par le capitaine essaient en vain de reprendre la tranchée, un barrage de pétards les décime.

Une autre contre-attaque est encore essayée, mais la nuit est venue, l'ennemi s'est déjà couvert par des rouleaux de barbelé, elle échoue ; une nouvelle ligne s'est creusée quelques pas en arrière.

Les jours suivants, la vie habituelle des secteurs agités a repris ; fusillade, grenades et pétards, bombes de toutes dimensions, obus nombreux, travaux pénibles et périlleux.





Le 18 est un jour de deuil ; un obus tue le Commandant BOUQUET.



Parti avec le Bataillon qu'il commande depuis un an, il s'est acquis l'affection de tous par sa grande bonté, son besoin de partager sans cesse les dangers des Chasseurs ; la citation à l'ordre de la 7ème armée donnée à l'occasion de sa mort fait comprendre la douleur du Bataillon :




Le COMMANDANT bouquet..

"Modèle de toutes les vertus militaires, s'est brillamment distingué depuis le début de la campagne à la tête de son Bataillon d'élite, et tout particulièrement au cours des opérations du 20 juillet au 3août, où il a dirigé plusieurs assauts sous un feu terrible d'artillerie lourde. A été glorieusement frappé dans une tranchée de première ligne alors qu'il inspectait ses troupes et prêchait l'exemple devant elles."

Le Commandant JULLIARD remplace le Commandant BOUQUET ; il a été blessé par une balle allemande dans une reconnaissance en avion ; une réputation de bravoure exceptionnelle l'accompagne.

Il est tué le 12 octobre.
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Christian CALET
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MessageSujet: Re: Points de friction Linge-Schratzmannele-barenkopf-reichackerkopf   Ven 9 Jan 2009 - 22:45

La journée a été exceptionnelle calme ; il est 16 h 40 ; les tranchées sont peu garnies ; les corvées de soupe sont parties à Wettstein ; de grosses corvées profitant de ce que les boyaux ne sont pas bombardés sont allées chercher du matériel au parc.

Dans ce silence inaccoutumé une mitrailleuse claque ; signal sans doute : toute la crête du Schratz. s'enflamme ; une pluie rouge de pétrole brûlant tombe sur toute la compagnie CONTAMIN (1ère), et sur la section de droite de la compagnie PIOT (6ème).

Le vent rabat les lourds panaches de fumée noire sur nos lignes, les Chasseurs qui ne sont pas brûlés sont à moitié asphyxiés ; la mitrailleuse qui flanque le front de la Compagnie CONTAMIN tire, dès que les Allemands sortent, mais elle a un enrayage à la septième bande.

A la Compagnie PIOT, pas trop éprouvée parce qu'elle est un peu moins près de l'ennemi, la section pétrolée s'est réfugiée dans la tranchée de doublement ; la première ligne perdue est criblée de grenades la section de soutien arrive, la situation est rétablie en quelques minute.

Le Capitaine PIOT et le Sous-lieutenant CHARVOLIN ont été très grièvement blessés.

Le Capitaine CONTAMIN, dont toute la compagnie a été très éprouvée, essaie de contre-attaquer avec les

Le capitaine CONTAMIN.



chasseurs qu'il a pu réunir ; arrêté par un violent barrage de pétards, blessé, il échoue.

Le Commandant accourt avec une vingtaine de Chasseurs de la 4ème compagnie (WEIL), il les fait contre-attaquer ; les pétards les arrêtent, tous sont mis hors de combat, sauf cinq.

Puis c'est un groupe de grenadiers sous les ordres du Sous-lieutenant BRAVAIS ; le Sous-lieutenant et un sergent reviennent seuls indemnes.

Arrive la section disponible de la compagnie VEILL ; le commandant la lance, dirige lui-même le combat ; le barrage de pétards rend cet acharnement inutile.

A 19 heures, nouvelle attaque de l’ennemi ; il réussit à nous enlever, au Schratz., 80 mètres de tranchée. Des contre-attaques sont aussitôt décidées.

A 19 h 30, un peloton du 70ème Bataillon approche ; la nuit est venue, nuit de pluie, entièrement noire ; le Commandant va reconnaître le terrain pour monter l'attaque ; il prend en passant ce qui reste disponible à la compagnie PIOT : une escouade.

Il avance dans le boyau qui monte à l'ennemi un fusil d'une main, une lampe électrique allumée de l'autre ; subitement criblé de pétards, il disparaît, un seul des Chasseurs qui l'accompagnait revient.

On saura plus tard que la Commandant JULLIARD a été tué.

Une dernière contre-attaque est tentée à 20 h 10, sans plus de succès, sur l'ennemi déjà organisé.

Les 2ème et 3ème compagnie montent à l’assaut 6six fois au cours de la nuit. Prises par des feux de mitrailleuses partant du Linge, et de face par des lancements de grenades et de pétards, elles ne réussissent à reprendre qu’une partie du terrain perdu.



Le Capitaine LATRABE, venu du 14ème Bataillon, remplace le Commandant JULLIARD.



Le 13, à 19 heures, nouvelle pluie de pétrole en flammes sur la droite, la ligne est évacuée, mais les Allemands, arrêtés par la fusillade et les pétards ne prennent pied que dans un poste d'écoute d'où ils sont bientôt chassés.

Le Bataillon est relevé dans la nuit du 15 au 16 ; l'ennemi entend la relève et croit sans doute à une contre-attaque, toutes ses mines et ses canons entrent en action ; et le bombardement extrêmement dur continue toute la nuit.



Un des postes d'écoute vient à peine d'être passé au Bataillon qui nous remplace que l'ennemi l'enlève ; le Sous-lieutenant MERCERON-VICAT contre-attaque et le reprend; il est blessé.

En six semaines, le Bataillon vient de perdre trois Officiers tués, les Commandants BOUQUET, JULLIARD, le Sous-lieutenant PAULUS ; le Sous-lieutenant BUTIN, mortellement blessé ; les Capitaines PIOT et CONTAMIN, les Lieutenants CHARVOLIN et MERCERON-VICAT, blessés ; 71 Sous-officiers, caporaux et Chasseurs tués, 334 blessés.

Des camions le prennent à la SCHLUCHT et le transportent à Corcieux, dans les baraquements du 35ème Bataillon ; il les quitte le 26 pour aller cantonner à ANOULD,











où il reste jusqu'au 4 novembre.

On remonte le 5 novembre par une abominable bourrasque ; le Bataillon traverse Plainfaing, qu'il ne reverra plus, arrive au Lac Noir par la neige qui tombe à gros flocons.

On relève le 23ème Bataillon entre Basses Huttes et la Roche du Corbeau,








sur un front de plusieurs kilomètres, où les Chasseurs s'intercalent entre les territoriaux ; les Chasseurs tiennent les points sensibles.

La 5ème, Capitaine DONNADIEU, est à Basses Huttes, d'où elle flanque le Linge, face au Ravin des chênes bourré de mitrailleuses, où l'ennemi fait des travaux considérables.

La 3ème, Sous-lieutenant RINGUET, est au Noirmont, point où la route qui ravitaille le Linge passe très près des premières lignes.

Ces deux compagnies feront des patrouilles très mordantes.

La 1ère, Capitaine CONTAMIN, est en avant de Pairis ; son activité sera peu goûtée des pépères, qui avaient joui jusque-là d'une douce tranquillité dans ce charmant village ; car l'ennemi se fâche et se venge sur Pairis qu'il commence à bombarder sérieusement.

La 6ème, Lieutenant MARCHAL, est à la ferme de la Beu ; elle installe des fusils sur chevalet qui envoient des balles à tout ce qui apparaît dans Orbey ; l'ennemi en exprime sa mauvaise humeur en ripostant avec force obus et mines.

La 2ème, Lieutenant CANOT, est à Jeunes-Champs ; elle tient, au-delà du profond ravin qui descend sur Orbey, les éboulis grisâtres d'énormes blocs de granit que l'on a









Le Lieutenant DOLLIGEZ

baptisés les Carpates ; tout terrassement y est impossible, les grenades à fusil y pleuvent.

La 4ème, Lieutenant DOLIGEZ, à la Roche du Corbeau ; certaines de ses sentinelles, au pied de l'escarpement sur

lequel se tient le guetteur ennemi, ne peuvent gagner leur place que la nuit avec mille précautions ; le moindre bruit, la moindre quinte de toux attirent une grenade ; la neige atteindra près d'un mètre le 15 novembre, le froid est très vif, on relèvera plusieurs fois des sentinelles presque inanimées.

Jusqu’à la fin des hostilités le front du Linge va rester comme l’Hartmannswillerkopf, un point de friction, où les adversaires vont se disputer des fragments de crêtes.

Le Bataillon, relevé par le 11ème le 29 novembre, va relever le 12ème au Linge le 30 ; cinq compagnies en ligne, une en soutient à 200 mètres.

Un brusque dégel coïncide avec la relève ; l'épaisse couche de neige fond subitement ; talus et parapets, en sacs à terre s'effondrent, tranchées et boyaux deviennent des torrents, l'eau emporte tout.

Les Chasseurs souffrent cruellement ; pendant quatre jours ils ne peuvent s'allonger pour se reposer.

On travaille avec ardeur, on fait d'abondantes provisions de matériaux, de bombes de tous modèles.

Le Sous-lieutenant LAURENT, qui vient d'arriver de l'artillerie, se révèle bombardier passionné ; il est vite chargé des engins de tranchée ; avoir le dernier mot sur l'Allemand ne lui suffit plus, il veut faire plus de bruit que son camarade du Bataillon voisin, artilleur aussi, et crapouilloteur marquant.

Aussi y a t il des journées de mémorable vacarme.

La semaine de Noël, du 23 au 27, diversion aux combats qui se livrent à l'Hartmann.






en particulier la nuit de Noël, anniversaire de la défense de la Tête des Faux, le Colonel BRISSAUD, venu dans les tranchées apporter ses souhaits et ses cadeaux de Noël aux Chasseurs, a encaissé quelques minens sensationnels..






Un jour, parce que les casquettes vertes ont remplacé les casquettes grises, on souhaite ainsi la bienvenue aux Chasseurs d'en face. Une autre fois, parce que nos sentinelles d'un poste d'écoute ont tiré sur un officier et un civil qui inspecte notre ligne avec un sans-gêne fort imprudent, l'ennemi se croit obligé de signaler que les coups ont porté en s'acharnant sur le poste d'où ils sont partis ; il s'attire une remarquable riposte.

L'ennemi essaie de fraterniser, on lui tend un piège ; pendant que quelques Fritz en casquette, le buste au-dessus de la tranchée toute proche, font des signes d'amitié et des protestations de camaraderie, une salve de tireurs postés les fait disparaître ; ils ne recommencent plus.



Le 11 janvier 1916, deux compagnies sont détachées au Barenkopf sous le commandement du capitaine Berge ; nous sommes à découvert dans une prairie, l'ennemi est caché dans un bois encore touffu.

Un crapouillotage quotidien commence ; tout ce qui a des loisirs va voir fumer le Baren. ; quand le bataillon s'en va, le Baren. ennemi est aussi pelé que le plus triste coin du Linge.



C'est le travail du vaillant LAURENT ; une grenade à fusil nous l'enlève la veille de la relève.

Le 27 janvier 1916, anniversaire du Kaiser, annoncé à l'ennemi par l'envoi de la ration forte de bombes.

Le Bataillon est relevé à partir du 15 mars ; il est groupé à Gérardmer le 18, dans les casernes du 152ème.

Trois semaines fort agréables s'écoulent à Gérardmer ; on y reçoit des tenues bleues horizon que l'on aura la joie d'abandonner vite ; on va faire une manœuvre à la Bresse par de belles journées de printemps ; on applaudit la spirituelle revue LE DIABLE AU COU, du journal de la 3ème brigade de Chasseurs.

On monte au Reichacker le 11 avril ; le col de la Schlucht





est passé par un soleil éclatant sans un obus grâce à l'original camouflage fait de morceaux de toile peinte.

On refait le chemin qu'à suivi le Bataillon à son premier combat, jalonné par les tombes de ses premiers tués.

Au Reichacker, un terrain bouleversé,
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MessageSujet: Re: Points de friction Linge-Schratzmannele-barenkopf-reichackerkopf   Ven 9 Jan 2009 - 22:46

peu d'abris, médiocres, les tranchées ennemies à quelques pas et un ennemi fort agressif.

On y reçoit sans répit, en plus des grenades à fusil, tuyaux de poêle divers, minens gros et petits, une collection très variée de choses désagréables ; selon leur aspect au sol ou en l'air, les Chasseurs les baptisent oeufs de pigeon, poires, tiares, harengs, tête d'âne, seaux à charbon, cloches à melon.

Au travail, sans guère riposter, nous ferons du bruit à notre heure ; on s'enterre, on renforce les abris qui existent, on en crée de nouveaux, on grossit les dépôts de bombes, on aménage de nouveaux emplacements de 58.

Nous sommes prêts vers la fin du mois ; à nos cent bombes habituelles, l'ennemi riposte d'abord avec une violence extrême ; il nous fera l'honneur de concentrations de trois ou quatre mille obus ; le Reichacker disparaît dans la fumée, les voisins demandent ce qui se passe, jusqu'au lointain Hilsenfirst




qui téléphonera à l'arrière ses inquiétudes à notre sujet ; rien de nouveau, on crapouillote.

On soupçonne l'ennemi de se mettre un peu trop à l'abri de nos bombes ; le 17 mai, à 18 heures, le caporal JACOBOWTZ, les Chasseurs SOTHIER, CHETAIL, FRANC, vont s'en assurer, encadrés par les balles de nos mitrailleuses.

Ils trouvent la première tranchée vide, la suivent, tombent sur un fort poste qu'ils traitent à bout portant à coups de grenades et de pistolet et rentrent.

Ce coup d'audace a dû provoquer une grosse émotion, il a les honneurs du communiqué allemand : « au Reichackerkopf, nous avons repoussé une attaque française ».








Que dira l'ennemi quand toute l'escouade du caporal JACBOWITZ l'attaquera !

Quand le Bataillon quitte le Reichacker, l'ennemi est devenu beaucoup plus raisonnable ; jamais il ne tire le premier ; et même ses bombardiers nous envoient beaucoup de bombes non dégoupillées ou non amorcées, invite à la réciproque sans doute. Seules les grenades à fusil sont toujours fort gênantes.

Le 4 juin, le 15ème Bataillon nous remplace ; quatre étapes nous amènent à Saint-Laurent, prés d'Epinal.

On se prépare à la bataille dans le camp d'Arches ; on reçoit les capotes bleu horizon, les fusils mitrailleurs, le canon de 37, les V. B., de meilleures grenades à main ; on s'exerce au maniement de ces nouvelles armes, on fait diverses manœuvres.

Le Bataillon est réorganisé ; cinq compagnies de fusiliers voltigeurs, deux compagnies de mitrailleuses, un peloton de 37.

Un premier déplacement amène le Bataillon à Sarnois,




dans l'Oise, le 27 juin, après 36 heures de chemin de fer; on continue à y manœuvrer ferme, et même avec la Cavalerie ; les Chasseurs, baïonnette au canon, traversent des lignes de Cavaliers ; les Cavaliers passent au galop à travers des lignes de Chasseurs couchés ; il y a parfois quelques bousculades, jamais graves.

Enfin, le 9 juillet, embarquement à Grandvilliers ; l'enthousiasme est grand et les promeneurs sont nombreux aux abords de la gare par ce bel après-midi de dimanche, la fanfare donne un concert, le Bataillon danse une mémorable bourrée sur le quai avant de monter dans les wagons.



Embarquement à Grandvilliers.








Le général JOFFRE vient de déclencher l’offensive de la Somme afin d’obliger les Allemands à diminuer leur pression sur Verdun. La 47ème division à laquelle appartient toujours le 30, est rattachée au 20ème corps, lui-même aux ordres du général FAYOLLE, commandant la VIème armée.


Le 20ème corps d’armée a pour mission de couvrir la droite de l’armée Britannique en attaquant en étroite union avec elle. Pour remplir cette mission il aura trois objectifs successifs :



- attaque de la première position ennemie de Curlu au bois Favière

- enlèvement de Hardecourt et du plateau au nord

- enlèvement de la 2ème position allemande de Hem à Maurepas

-

- Du 1er au 10 juillet 1916, la 11ème division s’empare de la première position ennemie. La ligne Hardecourt- observatoire ouest de la ferme Rouge- chapelle de Curlu à l’ouest du village de Hem, est atteinte.










Hardecourt
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